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Thierry Ntamack rend hommage à Lucie Memba

 Nous avons rencontré « Le Mola de Mboa Manga » quelques jours après son sacre au Canal 2’or. Dans une interview  exclusive, Thierry Ntamack est revenu sur cette soirée « inoubliable » mais aussi sur son parcours depuis ses débuts dans le 7ème art

 

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Thierry Ntamack dans La patrie d'abord (Droits réservés)

 

Thierry Ntamack permettez de nous revivre le sentiment qui vous a animé ce soir du 4 mars 2017, lorsque vous receviez des mains de Zakougla, le prix du "Meilleur comedien" au canal 2'or ?

Un soulagement pour ma partenaire Lucie Memba Bos qui n’a pas été sacrée meilleure comédienne. J’étais très content d’avoir ce prix car ça lui a donné l’opportunité de porter le trophée et je pense que c’est elle qui méritait de le remporter dans sa catégorie. C’est l’une des meilleures comédiennes d’Afrique centrale aujourd’hui.

Ma reconnaissance résulte  de tout le travail abattu depuis mon retour au Cameroun il y a 5 ans à travers mes différents films : Sur la route d’un ange, Le blanc d’Eyenga 1 et 2 et La patrie d’abord; films qui ont fait plaisir à des millions de Camerounais, sans distinction de classes sociales, de tribus et de partis politiques.

J’étais aussi ravi pour toute l’équipe qui a travaillé avec moi, les partenaires et tous ceux qui nous ont accompagnés dans cette aventure, les comédiens, mais aussi tous les soldats qui donnent leurs vies pour le maintien de la paix dans notre territoire et aussi pour les millions de gens qui apprécient  mon travail.

Que symbolise ce Canal 2’or qui repose chez vous aujourd’hui ?

 Je ne fais pas de film pour le Canal 2'or ; après je me sens honoré lorsqu’il y a un évènement comme celui-ci qui consacre et récompense le travail que je fais.
Comme je vous l’ai dit, le Canal 2’or émane pour moi de la satisfaction du public. Chaque fois qu’une personne me dit qu’il a adoré mon film, c’est un Canal 2'or.  Cette distinction, je  l’ai depuis dans mon cœur.  
Chaque fois que je fais un film c’est un canal 2’or, vous comprenez donc pourquoi  j’ai un Canal 2’or depuis parce que j’ai réalisé des films comme Le Blanc d’Eyenga qui ont fait plaisir à des millions de Camerounais.

La qualité de mon travail fait en sorte que même dans 10 ans, on parlera toujours de mes films et c’est là ou je dis que je n’ai pas à me comparer à ceux qui font des films qui ne suscitent plus d’intérêt au bout d’une semaine. Je sais bien où je vais, ça demande beaucoup de patience, de persévérance  et de la détermination. C’est tout ce temps et cette énergie que je dédie à mon travail. Voilà pourquoi ce canal 2’or représente un hommage mérité que j’adresse à ma partenaire Lucie Memba.

 

Quels conseils donneriez-vous  à ceux qui veulent vous ressembler ?

Je n’aime pas être un donneur de leçon parce que tout chemin mène à Rome, mais je sais une chose : peu importe ce qu’on fait dans la vie, il faut cultiver l’humilité, la patience et avoir un bon discernement.
Après en ce qui concerne le cinéma, j’ai envie de dire apprenons, être un acteur c’est un métier et un métier ça s’apprend.

Si on veut rivaliser  avec les autres, il faut prendre le temps d’apprendre. Cet apprentissage ne se fait pas seulement sur les bancs d’école. On peut apprendre en réalisant les courts métrages et en étant assistant sur les plateaux de tournage.
Et puis, il faut être téméraire et prendre le temps de peaufiner son travail et faire lire ses scénarii. C’est le véritable problème qu’on a.
Il faut aussi arrêter de s’attacher aux appartenances tribales lors du choix des acteurs. Il faut mettre les bonnes personnes au bon endroit. C’est ça  la Patrie d’abord. C’est un état d’esprit et c’est ce qui est important pour le Cameroun d’aujourd’hui et de demain.

 

On imagine que "le Mola de Mboa-manga" ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Des perspectives dans l’agenda de la star ?

Déjà vous faites bien de le dire, je me considère plus comme un homme public qu’une star. Je me considère comme un porteur de projet. Star je ne sais pas ce que ça veut dire. Je me rends compte qu’effectivement beaucoup de personnes veulent être star. Star parfois c’est vide, c’est creux. C’est ce qu’il ya derrière qui m’intéresse.
Je veux en tout cas continuer à être un instrument de la volonté de Dieu pour qu’effectivement il y ait beaucoup de messages d’amour, de paix, de justice ; beaucoup de valeurs qui passent à travers mes films.
Je veux surtout être au service de la société, continuer à l’influencer positivement. C’est le cas du film Le Blanc d’Eyenga pour les « chercheuses de blancs » sur internet. C’est également le cas de La Patrie d’abord qui incite à rassembler et créer une armée purement camerounaise mais aussi qui appelle au retour aux valeurs.

 

 Propos recueillis par Stéphane ZEH